MALOBI (Tubercules trempés)

MALOBI (Tubercules trempés)

Bi’Sira Mbuluani ! 

Ce soir, nous poursuivons le voyage que nous avions entamé en février dans les cuisines Ghisir et pour notre visite #AuPaysGhisir du jour, nous parlerons des MALOBI, une recette à base de racines de manioc dont raffolent les habitants du pays Ghisir.

Avant de commencer, j’aimerai m’excuser du fait qu’il y a quelques semaines, cet article ait été posté avant même la fin de sa rédaction. Beaucoup d’entre vous m’ont fait des retours sur l’état du poste ce jour là et je m’en excuse sincèrement tout en vous remerciant infiniment pour l’intérêt que vous portez visiblement à #LesLeçonsDeLaGhisir.

DIBOTY DI NENI !!!

Commençons.

Les MALOBI sont des TIMBA (Tubercules ou encore racines de manioc) consommés par la plupart des familles Ghisir et d’autre peuple du Gabon et d’Afrique Centrale en générale . Ce sont des tubercules bouillis que l’on a préalablement trempés dans de l’eau pour en relever le gout et modifier leur texture.

TIMBA (les Tubercules) peuvent être servis ou cuisinés sous plusieurs formes:

  • en BIRONGU (Casse-à-dents) ;
  • en MIRUMA (manioc) ;
  • en purée ;
  • et pour le cas présent, en MALOBI,

En réalité les MALOBI sont une forme de MURUMA (Manioc comme on le connait au Gabon) qui n’a pas franchi l’étape ou on l’écrase ou le rappe.

Laissez-moi vous livrer les quelques secrets que j’ai pu soutirer à ma grand-mère sur le MALOBI.

ETAPE 1 : TIMBA, la collecte du manioc

Je pense que vous connaissez tous le manioc, c’est une plante qui pousse dans la quasi-totalité des pays d’Afrique Centrale, et dont les feuilles, MUBATA, et les racines, TIMBA sont comestibles et font partie intégrante du patrimoine culinaire des peuples du GABON. (Voire image ci-contre)

Si vous en avez planté dans votre jardin ou dans votre champ, la première étape de la préparation du MALOBI est donc la récolte des racines de manioc. Il faut les déterrer pour découvrir le tubercule qui je le répète n’est autre que la racine de la plante appelée le MANIOC.

Une fois notre tubercule déterré, on peut préparer le MALOBI.

ETAPE 2 : DIBA TIMBA (Tremper les tubercules)

C’est à cette étape que le MALOBI est fait… Après avoir déterré les tubercules, on les épluche puis on les découpe en tranches avant de les tremper dans de l’eau propre, à température ambiante.

Le plus souvent, on cuisine les MALOBI avec des tubercules blancs que l’on immerge entièrement pendant 2 à 7 jours.

Plus les TIMBA resteront immergés et plus les MALOBI seront pâteux (mous) et acide, parce que oui, les MALOBI ont une saveur, une texture et parfois une couleur différente du MURUMA (Le manioc tel qu’on le connait.)

La préparation ancestrale des MALOBI veut qu’on mette les tubercules pelés dans un panier en liane et qu’on immerge ce dernier au bord d’une rivière. Les courant d’eau (de la rivière) sont sensés accélérer le processus de fermentation du tubercule et réduire ainsi le temps d’immersion tout en produisant le même résultat.

Cependant, très peu sont celles parmi nos mamans et grand-mères qui les apprêtent encore de la sorte. Aujourd’hui, les MALOBI sont désormais trempés dans d’énormes récipients comme vous pouvez le voir dans l’image ou encore. 

ETAPE 3 : LAMBA, La cuisson.

Le MALOBI a plusieurs façons d’être cuit :

  • En tubercule : C’est la technique de cuisson préférée des Ghisir. La cuisson est la même que celle d’un tubercule, seulement vu qu’il a été trempé, on ne l’appellera pas TIMBA, mais MALOBI ;
  • En bâton de manioc : Ici, le MALOBI est emballé dans les feuilles qui servent à cuisiner le manioc ; la cuisson est pareille à celle du MURUMA, seulement, vu qu’il n’a été ni rappé, ni pilé, on l’appellera MALOBI, idéal pour accompagner une sauce de MUDIKA ;
  • En Bouillie : La bouillie de MALOBI est très connu au Gabon sous le nom de KUNU ; Oui les ami, le KUNU, le vrai est fait à base de MALOBI rapés et dilués dans de l’eau bouillante, remués encore et encore jusqu’à n’avoir plus qu’une bouillie idéal pour le petit déjeuner.

    

Voila.

Le voyage du jour s’arrête là… J’espère qu’il vous a plu autant que ça m’a fait plaisir de l’écrire.

A la semaine prochaine pour la découverte d’une autre recette de chez nous.

KA GHIELU GHI BOTY. 

Sources : Wikipédia, La maman et la mamie de @LaGhisir.

Crédit photo : @Xaviere27

GHU BA (Être)

GHU BA (Être)

Bi’sira Mbuluani o !

Aujourd’hui c’est mardi, et tout au long du mois, chaque mardi, nous étudierons des verbes que j’appelle « Les verbes essentiels » parce que nous les utilisons presque tous, à longueur de journée.

Ce soir, allons #ALaConquêteDuVerbe GHU BA, en français, être.

 

Commençons.

GENERALITES

Un fait important que je n’ai pas mentionné au cours de la classe sur l’infinitif est qu’il y a trois principales désinences pour les verbes Ghisir :

  • Les verbes en A : GHU FURA (Mentir), GHU GHELA (Critiquer) GHU BUSA (Refuser) ;
  • Les verbes en I : GHU YI (Manger) ;
  • Les verbes en U : GHU FU (ou encore GHUFU, Mourir).

Les Verbes en I et U sont assez rares et les verbes en E et O, parce qu’il en existe aussi, sont en réalité des verbes en I, U ou A, contractés (comme pour l’apocope en espagnol). On aura par exemple :

  • GHU VE, forme contractée de GHU VEGHA (Donner). Ex : PE MAMBA – Donne-moi de l’eau ;
  • GHU BO, forme contractée de GHU BONGA (Prendre). Ex : BO DIRAP – Prends le drap.

 

Le verbe GHU BA dont l’écriture peut également tenir en un seul mot, GHUBA se lit RHOUBE (Rappelez-vous que le A en fin de mot est presque toujours muet). C’est le verbe Ghisir pour Être, Exister, Demeurer et dans de très rares cas Rester.

GHUBA est un verbe défectif, en effet, il n’y a qu’une de ses formes qui est utilisée, uniquement à la forme affirmative du présent de l’indicatif. Il s’agit notamment de la troisième personne du singulier « I ».

EX: A I MUBI. (Il est méchant). /  A I NA NGUYA’ANDI. (Il est avec sa mère).

 

Pour les autres personnes de ce temps, il n’est pas exprimé. On aura par exemple:

  • BA GHWENDA, dont la traduction correcte sera « Ils sont partis » quand en réalité cette phrase devrait être traduite par « EUX PARTIS » ;
  • DU GHUMBU TATA BERTRAND. : Nous sommes chez papa Bertrand, Traduction littéraire : « NOUS CHEZ PAPA BERTRAND ».

 

La négation de GHUBA au Présent de l’indicatif est SA ou SANDI :

  • A SANDI (Il n’est pas là) ;
  • SA MUTU U BOTI (Ce n’est pas un homme bien).

CONJUGAISONS

PRÉSENT DE L’INDICATIF.

  • NI – Je suis ; NDZANDI/NDZA : Je ne suis pas
  • U – Tu es ; U SANDI/SA : Tu n’es pas 
  • A I – Il est ; A SANDI/SA : Il n’est pas
  • DU – Nous sommes ; DU SANDI/SA : Nous ne sommes pas
  • NU – Vous êtes ; NU SANDI/SA : Vous n’êtes pas
  • BA – Ils sont ; BA SANDI/SA : Ils ne sont pas

PASSÉ IMMÉDIAT

  • NDZIBA – J’ai été : NDZABA : Je n’ai pas été.
  • U TSIBA – Tu as été ; U SA BA : Tu n’as pas été.
  • A TSIBA – Il est ; A SA BA : Il n’a pas été.
  • DU TSIBA – Nous sommes ; DU SA BA : Nous n’avons pas été.
  • NU TSIBA – Vous êtes ; NU SA BA : Vous n’avez pas été.
  • BA TSIBA – Ils sont ; BA SA BA : Ils n’ont pas été.

Cette forme est souvent utilisé en guise d’Imparfait.

IMPARFAIT

  • NI BANGA / NI BA : J’étais ; NDZA BANGA : Je n’étais pas.
  • U BANGA / U BA : Tu étais ; U SA BANGA : Tu n’étais pas.
  • A BANGA / A BA : Il était ; A SA BANGA : Il n’était pas.
  • DU BANGA / DU BA : Nous étions ; DU SA BANGA : Nous n’étions pas.
  • NU BANGA / NU BA : Vous étiez ; NU SA BANGA : Vous n’étiez pas.
  • BA BANGA / BA BA : Ils étaient ; BA SA BANGA : Ils n’étaient pas.

FUTUR

  • NI GHUBA : Je serai ; NDZA GHU BA : Je ne serai pas.
  • U GHUBA : Tu seras ; U SA GHU BA : Tu ne seras pas.
  • A GHUBA : Il sera ; A SA GHU BA : Il ne sera pas.
  • DU GHUBA : Nous serons ; DU SA GHU BA : Nous ne serons pas.
  • NU GHUBA : Vous serez ; NU SA GHU BA : Vous ne serez pas.
  • BA GHUBA : Ils seront ; BA SA GHU BA : Ils ne seront pas.

SUBJONCTIF

  • NI BI / NI KIBA : Que je sois ; NI YA BA : Que je ne sois pas.
  • U BI / U KIBA : Que tu sois ; U YA BA : Que tu ne sois pas.
  • A BI / A KIBA : Qu’il soit ; A YA BA : Qu’il ne soit pas.
  • DU BI / DU KIBA : Que nous soyons ; DU YA BA : Que nous ne soyons pas.
  • NU BI / NU KIBA : Que vous soyez ; NU YA BA : Que vous ne soyez pas.
  • BA BI / NA KIBA  : Qu’ils soient ; BA YA BA : Qu’ils ne soient pas.

IMPERATIF

  • BANGA / KI BA : Sois ; U YA BA : Ne sois pas.
  • DU BYANU : Soyons ; DU YA BA : Ne soyons pas.
  • BANGANU/NU KIBA : Soyez ; YA BA : Ne soyez pas.

QUELQUES EXCEPTIONS

Dans des situations particulières que je ne saurai pas forcément identifier/expliquer grammaticalement, GHU BA peut se conjuguer en VU (lire VOU, avec le son OU légèrement prononcé), mais pour quelques personnes uniquement et presque toujours à la forme interrogative.

On aura donc :

  • A I VU : Il est.
  • DU VU : Nous sommes.
  • NU VU : Vous êtes : AGHIE NU VU NANA BANABA ? Pourquoi vous êtes comme ça les enfants ?
  • BA VU : Ils sont.

 

GHU YABA

  • SANDI (Négation) n’est utilisé qu’en fin de phrases (courtes). BANABA SANDI. Les enfantS ne sont pas là.
  • SA quant à lui peut être employé pour entamé une phrase ou même en plein milieu. SA UNA ? N’est-ce pas lui ? / BA SA RUGHA. Ils ne sont pas venus.

 

 

Voila ainsi s’achève la leçon du jour, j’espère qu’elle vous a plus. N’hésitez pas à relire et à poser des questions au besoin…

 

GHIELU GHI BOTY !!!

BIBULU (Les animaux)

BIBULU (Les animaux)

Bi’Sir Mbuluani o !

Le mois dernier, nous avions commencé à étudier les éléments de la nature (foret, astres, animaux…), puis il y a eu une cassure due à des changements divers dans ma vie personnelle, j’ai eu du mal à rédiger de nouvelles leçons entre mes nouvelles activités professionnelles et la panne de mon ordinateur. Mais bon, nous allons simplement poursuivre où nous avions arrêté et j’espère que la reprise vous plaira.

Notre dernière classe de vocabulaire portait sur DIYOMBI (Cliquez pour rejoindre la leçon), pour poursuivre dans la même lancée, aujourd’hui, nous parlerons des habitants de la forêt, BIBULU.

Commençons.

Quelques animaux Domestiques :

  • NDZUNTSI : Le chat
  • MONDI : le chien
  • NDANGA : le rat
  • TSARNA-RENDA : La fourmi
  • FURU : Le moustique
  • KOLA : L’escargot

Quelques animaux de la Ferme :

  • KOKU/GHIGHOGHNI : Le coq ;
  • MUPUMBU : Le coq blanc ;
  • MUGHETU KOKU : La poule ;
  • DIKI : L’oeuf ;
  • MWANA KOKU : Le poussin ;
  • KALABA : Le cheval ;
  • PAGHSA : Bœuf/Buffle/Vache ;
  • GHIKALALA : Le bouc;
  • DIDOMBI : La brebis ;
  • TABA : Le cabri/mouton.

 

 

Quelque animaux de la Foret et la Savane :

  • GHIMBUNGU: Le lion ;

  • DINZANGI : Le lémurien ;

  • GINDUNGULU : Cercocèbe à joues gri;

  • KAKU : Cercocèbe à collier blanc ;

  • MUSUKI : Cercocèbe Moustachu ;

  • GILOBU : Le singe Hocheur ;

  • PUNDI : Le Singe Mone;

  • NYUNDU : Loutre à cou tacheté;

  • NZOBU : Civette;

  • MBALA : Nandini;

  • DUBU : Le Guépard ;

  • MUSONDI : Rat palmiste

  • GHISIBU : L’antilope;

  • DIBOBU : Galago ;

  • TSIBITSI : Le hérisson;

  • NZIYE: Le gorille;
  • MUYAMI: Le chimpanzé;
  • NZAHU: L’éléphant;
  • NZAHU MUSAL: Éléphant de forêt;
  • NZAHU MUTIMBU: Éléphant de savane;
  • MAGHENA : La panthère;
  • KARI : Le singe;
  • TSIEGHI: Le mandrill;
  • KARI MUSUKI: Femelle du mandrill;
  • NGUMBA : Le porc-épic;

  • NZIBU : Antilope à dos jaune;

  • GHISIBU : Antilope à bande noire ;

  • PISI : Tatou ;

  • DUKAKAGHA : Pangolin à écailles tricus ;

  • TSISI : Cochon de terre ;

  • NYIMBI : Daman d’arbres;

  • NGUYI : Potamochère;

  • NYILI : Biche-cochon;

  • TSUMBI : Antilope rouge.

Quelques Reptiles et autres animaux Aquatiques :

  • FUDU : La tortue ;
  • TSYENGI : Singe des palétuviers ;
  • KALA : Le crabe ;
  • NGANDU : Le Caïman ;
  • MUGHUMBI : le crocodile ;
  • GHISONDZI :le poisson ;
  • GNOGHA : Le serpent ;
  • MBOMA : Le boa ;
  • DONGNI : Le caméléon ;
  • GHINIENGI : Le lézard.
  • MBERI : La Sardine ;
  • NGOLA : Le silure ;
  • DONGNI : Le caméléon ;
  • GHINIENGI : Le lézard.
  • MUSALA : La crevette ;
  • MOUBAMBA : Le mamba noir :
  • MBISI : La vipère

Quelques Insectes :

  • DUVESI/PESI : Le cafard ;
  • GHIRAGHALA : La mouche ;
  • GHIFURU : Le moustique ;
  • GHITSATSA : La chenille
  • DIPIRIGANGA : Le papillon.

Quelques Oiseaux et autres animaux volants :

  • GNOGNI : L’oiseau;

  • NZUENGUI : Le colibri

  • VANGA : Le corbeau

  • MUKUKUYA : Le calao

  • MBONDI : Colombe noir ;

  • NGUALI: La perdrix

  • KANGUE: La pintade
  • MBULU: Le touraco
  • KUSU : le perroquet
  • DIKUNDA: Le pigeon
  • MBIRA : L’aigle;
  • GHIBADUNGU: Le canard (Très utilisé comme insulte par les mères Ghisir, MUNU GHE GHIBADUNGU : La bouche comme le canard) [Rires];
  • GNONI : L’oiseau;
  • NGUEMBU : La chauve-souri;
  • GHIBIDU Le hibou;
  • MULETSI : L’épervier.

Voilà ! Je crois que j’ai fait le tour des animaux que je voulais traduire pour vous. Je trouve que la liste est assez riche.

En effectuant mes recherches j’ai réalisé à quel point le vocabulaire Ghisir est riche, rendez-vous compte qu’on a même un nom pour le lémurien, et des noms différents pour des races de singes issus de la même famille, C’est magique.

 

 

GHU YABA :

  • Ne pas confondre GHISONDZI (le poisson, l’animal) à NYAMA (le poisson/la viande dans le sens de la nourriture);
  • Evidemment, la liste n’est pas exhaUstive, il y’a pas mal d’animaux qui n’apparaissent pas ici. Ceci dû soit au fait qu’ils n’occupent pas les forêts du pays Ghisir, soit que je ne les connais pas [Rires].
  • J’attends que vous m’apportiez des éléments complémentaires, laissez les moi en commentaires, je me chargerai de les ajouter à l’article.

 

 

 

Vous pouvez aussi écouter l’audio : Cliquez ICI.

 

Sources :

  • Les Mamies et La Maman de @LaGhisir ;
MUKWISI AGHU

MUKWISI AGHU

Bi’Sira Mbuluani !

 

Ce soir, nous poursuivons notre série portant sur #LesInsultes dans le cadre de notre rubrique #LeMotDeLaSemaine.

Vous avez certainement déjà lu le titre, vous avez donc déjà pu constater que contrairement à d’autres leçons (du moins leurs titres), ici, la traduction n’est pas proposée, découvrons pourquoi.

Le Mot ou plutôt l’expression de La Semaine est « MUKWISI AGHU » , une insulte peu grossière, pouvant être traduite de plusieurs façons en français.

Commençons…

 

 

Les habitants du pays Ghisir l’ont beaucoup entendu, je pense que c’est d’ailleurs les seuls qui utilisent MUKWISI AGHU comme insulte. Car, décortiqué, le groupe de mot est composé de  :

  • MUKWISI : Nom, désignant en français « Le pet » , eh oui, c’est la traduction. [Rires]
  • AGHU : Pronom/adjectif possessif « Le tien » ou « Ton » .

En bref MUKWISI AGHU signifie littéralement « Ton pet » quand il est utilisé dans un contexte autre qu’injurieux, à l’exemple de : NDZE VEFEMA TSULU I MUKWISI AGHU, J’ai respiré l’odeur de ton pet.

Dans cette phrase MUKWISI AGHU n’est pas du tout une insulte. Il ne le devient que lorsqu’il est utilisé comme la forme réduite de la phrase « UYA MUKWISI AGHU »  (avec UYA, le verbe GHUYA, manger, conjugué à la deuxième personne du singulier) qui signifie littéralement « MANGE TON PET » mais qui selon le contexte est utilisé par le peuple Ghisir pour dire à une personne :

  • Va te faire voir
  • Va là-bas.
  • Tu n’auras rien.
  • N’importe quoi !

Et d’autres… Mais la plus usuelle de ces traductions est la première. Ainsi, on peut donc dire que « MUKWISI AGHU » signifie « VA TE FAIRE VOIR » ou pire « VA TE FAIRE FOUTRE » (dans de très rares cas).

 

Le point important à souligner par rapport à l’insulte du jour c’est que très souvent elle est placée dans un contexte de rigolade. Personnellement, toutes les fois que je l’ai entendue, elle était sortie de la bouche d’une personne qui se faisait taquiner par exemple et qui, privée d’arguments venait à sortir à son interlocuteur un « MUKWISI AGHU » censé la débarrasser de ce dernier.

Cependant, une personne en colère peut tout autant s’en servir, mais vous conviendrez avec moi que dire à quelqu’un « TON PET !!! » ou encore « MANGE TON PET » en estimant l’insulter est plus drôle que blessant, surtout si la personne et vous êtes des égaux, qu’importe le contexte.

Enfin bref…

 

GHU YABA :

  • MUKWISI peut être utilisé pour dire « N’importe quoi !!!« , en français ordurier « La merde !!! » face à une personne qui vous ment ouvertement (Ex).

 

Voilà !!!

La leçon de ce soir s’arrête là… Vous venez d’ajouter une insulte à votre vocabulaire. Servez-vous en le plus possible, elle est acceptable [Rires].

 

GHIELU GHI BOTY.

TSYE ? ( Les adverbes de manière)

TSYE ? ( Les adverbes de manière)

Bi’Sir Mbuluani !

Aujourd’hui, c’est Vendredi et qui dit vendredi dans #LesLeçonsDeLaGhisir, dit #GrammaireGhisir… Je vous l’ai annoncé dans le programme de ce mois, dans cette rubrique, nous parlerons des adverbes. La leçon sera courte mais j’espère quand même qu’elle sera assez instructive.

Il y’a quelques temps, nous avons abordé les adverbes mais en parlant uniquement de MBURA, Les Adverbes de Lieu (cliquez pour lire la leçon). Ce soir, nous parlerons des ADVERBES DE MANIÈRE.

Commençons…

 

Une chose importante à retenir, c’est qu’en GHISIR, comme en français, l’adverbe est invariable.

Je vais vous les citer et vous donner quelques exemples. Les ADVERBES DE MANIERE sont donc :

  • TSYE ? : Comment ?
  • NANA : Ainsi / VAGHA NANA ; Fais ainsi(de la sorte)
  • NA DIKENGI : Doucement / NANGULA MWANA NA-DIKENGI, U YA MU BENDZA WOGHU. ; Porte l’enfant doucement (avec douceur), ne lui brise pas le bras.
  • REKEMA : De travers / NU REKEMA A ! ; Mais, vous êtes de travers !!!
  • MAKULEGHENI : Vainement, Inutilement / A GHA TIBI KABU MAKULEGHENI ; Il s’énerve inutilement.
  • TSITSI : Environ / NYONGU IRANU TSITSI ; Environ cinq fois.
  • VOE-GHEGHEGHI : Lentement / WA GHWAMBILI VOE-GHEGHEGHI ; Tu parles lentement.
  • NA-MBANGU/NA-MASAVU : Rapidement / RUGHANU GHUNU NA-MASAVU. ; Venez là rapidement.
  • NA-MAKASI : Expressément. / MU NIESI, A SA VAGHA NA-MAKASI ; Pardonne-lui, il ne l’a pas fait expressément.

 

De plus, on peut ajouter dans cette liste différent adjectifs décrivant la manière ou répondant à la question « TSYE/TSYENI ? (Comment/De quelle façon) », exemple :

  • MATSAGANA : Assis
  • SUNGEMI : Droit
  • MUBI : Mauvais
  • POLU : Normal/Normalement.
  • MATELI : Debout.

et d’autres…

GHU YABA :

  • MASAVU signifie « Précipitation », NA MASAVU veut littéralement dire « avec précipitation »
  • MBAGU : « Rapide »
  • MAKASI peut aussi désigner des caprices d’enfants par exemple, MAKASI MANDI GHA VAGHA ! ; Il fait juste des caprices !
  • Le « NA » présent dans certains adverbes comme « NA MAKASI » peut être facultatif.
  • TSYENI est très souvent utilisé par une personne exaspérée, selon le ton et le contexte, le mot peut signifier « Comment ? Quoi ? Comment ca ? » et d’autres.

 

Voilà !!!

Notre leçon s’arrête là, courte hein ? je vous l’avait dit [Rires]. Biensur la liste n’est pas exhaustive, vous pouvez la compléter en commentaire.

J’espère cependant que ça vous a plu…

 

GHIELU GHI BOTY.

MUDIKA (Chocolat Indigène)

MUDIKA (Chocolat Indigène)

Bi’Sira Mbuluani !  

Je vous l’ai annoncé sur les réseaux, pour Février, dans notre rubrique #AuPaysGhisir, nous voyagerons dans les cuisines de nos mamans et nos mamies. Je ne parle pas des nôtres, pour éviter de vexer celles qui comme moi savent mieux cuisiner les repas du terroir dans leur tête que dans les cuisines [Rires].

Histoire de découvrir des recettes typiques de chez nous, je vous invite à rester câblés sur le blog et les autres plateformes, Twitter et Instagram, on va parler bouffe… BIGHUYA GUIRONDU (Food is bae HAHA!).

Pour pour le Au Pays Ghisir du jour, découvrons MUDIKA (lire MOUDIKE), le chocolat indigène plus connu au Gabon sous le nom d’ODIKA, élément de base dans la préparation de NZOTI I MUDIKA, la sauce chocolat… Commençons.

MUDIKA, Boule/Poudre de chocolat utilisée pour la cuisson de NZOTI I MUDIKA qui est une sauce ancestrale préparée à base de BIKKANDU TSI MIBA MI MUSIRU (fèves de mangues sauvages) dont l’arbre, MWIBA I MUSIRU, le manguier sauvage, porte le nom scientifique de IRVINGIA GABONENSIS.

Oui !!! vous avez bien lu, il y’a GABON dans le nom scientifique d’ODIKA… Coincidence ? Je ne crois pas, mais dans mes recherches, je n’ai pas trouvé un quelconque lien entre les deux… L’arbre pousse aussi bien au Cameroun, qu’au Gabon ou encore au Congo et en Centrafrique.

Cuisinée par plusieurs peuples répandus à travers plusieurs pays du centre de l’Afrique,  MUDIKA ne manque quasiment jamais dans la cuisine d’une GHISIR. Comme la quasi-totalité des peuples du Gabon les habitants du pays Ghisir consomment régulièrement NZOTI I MUDIKA . Cependant, très peu savent qu’il y’a avant d’obtenir la boule de MUDIKA, plusieurs étapes nécessaires à la production de l’ingrédient qui nous permettra de consommer une sauce voluptueuse et goûteuse, dont la couleur et la texture varieront selon la technique choisie.

Avec les fruits du manguier sauvage, nous pouvons réaliser plusieurs recettes allant des plats aux boissons en passant par les margarines et autres huiles comestibles ou cosmétiques, à condition d’en connaitre les secrets.

 

ETAPE 1 : MIBA TSI MUSIRU, la cueillette

Je le disais plus haut, MUDIKA tel que nous le connaissons résulte des fèves des mangues sauvages. La première étape dans la préparation de notre boule de chocolat est donc la cueillette des fruits. Les mangues sauvages sont très sucrées et très parfumées. Elles sont plus souvent consommées par les habitants de la foret, BIBULU (les animaux) que par les hommes, parce que très alcoolisées.

C’est d’ailleurs avec les mangues que l’on peut produire des jus ou du vin de mangues sauvages, très consommé au Cameroun.

La plupart du temps, nous achetons les fèves qui sont vendues dans les espaces prévus pour, fèves qui destinées au commerce ne sont pas forcément traitées comme elles devraient l’être, à triste détriment de nos palais.

ETAPE 2 : BIKANDU, le traitement des fèves

Les BIKANDU, pluriel de GHIKANDU, sont les fèves des mangues sauvages. Elles sont contenues dans le noyau desdites mangues qu’il faut casser (ou fendre) vigoureusement en deux pour les découvrir. C’est leur traitement qui nous permet d’obtenir le MUDIKA.

 

ETAPE 3 : MUDIKA, Réalisation des boules de chocolat.

Si comme moi, vous êtes un fin gourmet, que vos talents de goutteurs surpassent l’entendement [Rires], vous avez certainement pu vous rendre compte qu’il y’a plusieurs types de MUDIKA que les Ghisir classent en 3 groupes.

  • le BOGHU : il est obtenu lorsqu’on traite les fèves à l’eau. Directement après les avoir sorties du noyau, on les trempe dans de l’eau, on les laisse immergées assez longtemps pour permettre à la personne qui le prépare de les peller plus facilement. Une fois la peau des fèves ramollie, il faut les sortir de l’eau, les peller (en grattant les soigneusement) et les piler, une à une, à fin d’obtenir une pâte bien uniforme. La pâte est ensuite disposée dans des feuilles, pour lui donner une forme choisie par qui l’apprête. La feuille est ensuite empaquetée soit en boule, soit en carré ou encore en long (forme du manioc) puis déposée au BUTALE (Le fumoir, lire BOUTALèH).

Le BOGHU est plus parfumé et plus savoureux que les autres types de MUDIKA, sans même qu’il soit transformé en sauce, on peut bien distinguer une saveur et une odeur bien marquées. Pour des raisons que j’ignore, seule une personne abstinente depuis au moins deux semaines peut s’adonner à la préparation du BOGHU.

  • MUDIKA U NENDI : Le chocolat Gluant. Le préparer revient à trier les BIKANDU, puis à les faire sécher (GHU NIANGU, pour les citadins VO GHU BUTALE comme le faisaient nos aïeux), avant de les griller, puis les piler. J’ai vu ma mère les passer au mixeur plus d’une fois [RIRE], mais la bonne technique c’est les piler. Il faut ensuite mettre la pâte dans un pot (moule) ou des feuilles pour lui donner une forme précise e
  • t la laisser durcir.

Le gluant du MUDIKA résulte de la façon dont on grille les fèves, il ne faut pas les faire griller trop longtemps si on veut qu’il soit gluant. 10mn pour deux kilo suffisent largement. 

  • MUDIKA U SA NENDI : Le chocolat non gluant. Les étapes sont les mêmes que le précédent, sauf qu’ici, il faudra griller les fèves plus longtemps, les dorer complètement.

Après quoi, on peut réaliser NZOTI I MUDIKA, enfin !!!

ETAPE 4 : NZOTI I MUDIKA, la sauce chocolat

L’étape finale de la réalisation de la recette du jour, la préparation de la sauce. Une fois la boule de MUDIKA dure, il faut la râper pour préparer la sauce. Là encore, plus on grille le MUDIKA et plus la couleur de la sauce sera différente.

Les habitants du pays MYENE par exemple préfèrent leur sauce plutôt sombre, quand les Ghisir la préfère marron claire. Personnellement, tant qu’il est gluant et gouteux, la couleur m’importe peu.

 

Hormis en sauce, le MUDIKA peut se déguster en paquet, les Ghisir adorent s’en servir pour:

  • Les paquets de poisson
  • du Poisson/dindon/poulet fumé au MUDIKA
  • Et bien d’autres… Accompagné bien sur de MUGHESI (riz), MUGHUMA (manioc) VO MUPALA (banane).

GHU YABA :

  • Vous pouvez cuisiner la sauce dès l’étape où vous pilez les fèves, seulement, si vous ne les écrasez pas assez, vous risquerez de retrouver dans votre assiette des morceaux de fèves, d’où il est préférable de râper le MUDIKA.
  • J’ai beaucoup hésité à écrire « LE MUDIKA » parce que le mot « MUDIKA » en lui-même contient déjà l’article « LE » en « MU ».
  • Je blaguais quand je disais ne pas savoir cuisiner les plats du terroir. en tant que grosse gourmet (pour pas dire gourmande), mes mamans m’ont vite jetée dans les cuisines pour que je fasse moi-même tout ce que je voulais manger, donc je me dois de vous dire qu’elles m’ont bien formée… Je me débrouille plus ou moins… Plutôt plus que moins. [Rires];
  • GHU NIANGU : Au soleil
  • VO: Ou (bien)

 

 

Voila.

Le voyage du jour s’arrête là… J’espère qu’il vous a plu autant que ça m’a fait plaisir de l’écrire.

A la semaine prochaine pour la découverte d’une autre recette de chez nous.

 

KA GHIELU GHI BOTY. 

 

 

Sources : Wikipédia, La maman et la mamie de @LaGhisir.

Crédit photo : @LaGhisir, Atelier de « Les Délices de Luce »