Je suis officiellement rentrée dans la phase du « oh, mais il a déjà neuf mois et tu continues à l’allaiter ? ». Si vous aussi, vous avez été ou êtes jeune maman, cette phrase a certainement déjà fait son petit bout de chemin jusqu’à vos oreilles, à un moment ou à un autre de votre maternité (vous savez donc de quoi je parle 😛 ). Aujourd’hui, au-delà de six mois suivants la naissance de VOTRE enfant, tout le monde trouve anormal que vous continuez à l’allaiter.
Il y a maintenant un an de cela, durant mes cours de préparation à la naissance, je me sentais prête à faire face à ce genre de remarques. Les adorables sage-femmes qui nous accompagnaient ironisaient beaucoup à ce sujet et nous proposaient même des phrases toutes faites dont nous pourrions nous servir pour esquiver les questions de ce genre. A ce moment-là, je me sentais prête, un peu comme un soldat qui s’en va faire la guerre, ou mieux comme Harry Potter à chaque fois qu’il devait affronter Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom :-D, autrement dit : PAS DU TOUT SEREINE mais confiante !
Comment recadrer les gens donner son avis de jeune maman, s’affirmer sans paraître impolie ?
Parce que croyez-moi, les remarques de ce type viendront de quasiment partout, aussi bien de l’entourage que de parfaits inconnus dans la rue, à l’hôpital, au boulot, wherever you are …
J’ai eu droit :
– au fameux « j’ai eu des enfants avant toi », autrement dit « je m’y connais mieux que toi  » ce qui en théorie n’est pas faux ;
– ou au « si le premier tu le nourris comme ça, il n’y aura plus rien pour les prochains » ; 
– mon préféré : « tu vas mal l’habituer, il sera collé à toi »
La maternité m’a fait développer comme un sixième sens. Je suis autant au taquet sur des points qu’à la ramasse sur bien d’autres. J’arrive à bien faire instinctivement certaines choses, et comme pour autant d’autres je me casse complètement la gueule et finit par écouter les avis des gens qui m’entourent… (mdr 😆 ) bah quoi ? vous ne pensiez tout de même pas qu’une fois devenue maman, tout me viendrait tout naturellement ?
Mon premier conseil ? chères jeunes mamans, apprenez avant tout à vous faire confiance… même quand vous pensez ne pas savoir les choses, en vrai, dites-vous juste que personne ne naît avec le plein de connaissances sur ces questions-là… tout le monde apprend sur le tas … certaines plus rapidement que d’autres je vous l’accorde, mais zéro pression, vous y arriverez également…
allaiter : quelle expérience enrichissante franchement ! 🤩
Mon fils n’a pas pris de lait artificiel depuis sa naissance. C’était un choix de ma part depuis le départ. Et comme tout choix, il a fallu que j’en assume les conséquences. 😀 . Pendant ma grossesse, quand j’ai constaté la montée du colostrum (autrement dit le premier lait sécrété avant la première montée de lait), j’étais toute excitée à l’idée d’allaiter mon fils, pour moi ça coulait de source (sans mauvais jeu de mots) 😀 : je tenais vraiment à le faire.
Tout commença donc avec la tétée de bienvenue à la naissance de votre e-neveu. Jusqu’aux deux premiers jours qui ont suivi, les infirmières m’ont demandé de mettre bébé au sein autant que possible pour stimuler les mamelons (des deux côtés : très important !). Mon fils est né très tôt le matin. Ma première montée de lait a été effective deux jours après sa naissance. Il faut savoir que pendant les 24 premières heures, un bébé n’a généralement pas faim ! Il dort, car comme vous, le processus de l’accouchement l’a complété épuisé. Donc en dehors de la couche sale, l’envie de dormir et autres besoins primaires, lorsqu’il pleure c’est par réflexe car il doit encore stimuler votre mamelon pour déclencher la montée de lait. (eh oui ! la vie est hard depuis le berceau les amis !)
On vous apprend à mettre au sein votre enfant, (car oui mesdames ! toutes les positions de mise au sein apprises pendant les cours de préparation à la naissance, vous les oublierez avec la panique ^_^ ). Une fois que la machine a été lancée, je n’ai pas arrêtée pendant plusieurs mois.
Au début, vous avez le taux d’hormones qui est élevé dans le sang. Cela est dû à votre précédent état de grossesse et croyez-moi ça vous aidera énormément à tenir pour celles qui feront le choix d’allaiter. Même une sieste de 30 minutes réussira à vous mettre d’aplomb pendant une journée entière. Les hormones permettent aussi à la maman d’être synchronisée à son bébé. Vous êtes tous les deux réglés comme des horloges ! Vos sommeils sont, comme qui dirait, calqués l’un sur l’autre ! Les hormones vous font vous lever par exemple quelques minutes, parfois quelques secondes même avant votre bébé : c’est vraiment magique ! (ou plutôt hormonal, mais gardons le côté féérique de la chose) C’est pratique surtout quand on ne veut pas qu’il ouvre les yeux ! ça nous laisse un petit temps de répit, histoire de retrouver nos esprits avant de s’apprêter à le nourrir. Honnêtement, ce sont les papas qui galèrent le plus, puisque ne bénéficiant pas du pouvoir magique des hormones à ce moment-là 😆 .
Au fil des jours, les tétées s’espacent. Au fur et à mesure des semaines, les pics de croissance sont de moins en moins récurrents (d’ailleurs à eux tout seuls, ils méritent amplement un article !). Les trois premiers mois sont les plus difficiles en toute franchise ! Mais on finit par trouver petit à petit notre propre rythme et on s’adapte en conséquence.
Neuf mois plus tard et comment dire… Je suis toujours debout et surtout très fière de moi et du chemin parcouru jusqu’ici avec mon petit bébé ! Votre e-neveu est en pleine forme et a commencé la diversification alimentaire depuis cinq mois déjà tout en continuant de prendre le sein. Je ne pensais pas pouvoir y arriver lorsque je me lançais dans cette aventure ! Mais comme j’aime vous le répéter : faites-vous confiance ! Votre corps sait ! Il s’y est préparé pendant neuf longs mois ! Il produira assez de lait, ne vous inquiétez pas, même quand vous aurez l’impression d’avoir les seins vides ! Tant que votre enfant continuera à stimuler vos mamelons, votre cerveau recevra l’information qu’il faut continuer à produire du lait ! Pour ce qui concerne l’organisation : c’est un tout autre débat ! Allaiter alors qu’on va en cours, en stage ou au boulot : c’est un choix bien lourd de conséquences ! Mais avec beaucoup d’organisations, et un bon tire-lait il faut l’avouer, on y parvient les doigts dans le nez ! (quand même pas hein ^_^’ )
Pour nous autres qui sommes en plein dedans, ne nous mettons pas la pression, si notre corps est fatigué, écoutons-le, et faisons une pause ! Je vous le conseille fortement. Il m’est arrivé de forcer sur la corde. Ne pas assez me reposer, ne pas me nourrir assez et résultat des courses : ne pas avoir de montée de lait DU TOUT ! Le corps ne fabrique pas ce qu’il n’a pas en lui. Vous ne pourrez nourrir votre enfant si vous ne vous nourrissez pas assez vous-mêmes !
Et pour les nouvelles ou futures mamans, concernant les remarques que l’on peut vous faire sur votre choix d’allaiter ou pas votre enfant, prenez sur vous. Parfois, cela part d’un bon sentiment de la part de votre entourage. Ils se basent sur leur propre expérience en oubliant que la vôtre peut s’avérer être différente. Ils ne se rendent pas forcément compte de combien leurs avis peuvent vous agacer. Conserver votre énergie pour pouvoir mieux la dépenser pendant les marathons-tétées que vous allez vous taper au fil des mois. Et surtout, gardez à l’esprit que si vous êtes sûres de VOTRE CHOIX, ils n’auront d’autre choix que de le respecter. Après tout, c’est bien vous la maman de ce petit bout’chou !
Illustrations : Toutes les photos ont été prises sur Google. Certaines viennent de Pinterest, d’autres de sites web comme MagicMaman, quand d’autres encore proviennent de blogs afros sur la toile.
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